La troupe de la Comédie Française qui jouera dans Rituel pour une Métamorphose.
La troupe de la Comédie Française qui jouera dans Rituel pour une Métamorphose.

La Comédie Française s’installe à Marseille

Rituel pour une métamorphose rentre au répertoire de la Comédie Française mais les premières représentations se joueront à Marseille.

La troupe s’installe du 29 avril au 7 mai au théâtre du Gymnase. Un évènement hors les murs de la Salle Richelieu, ce qui ne s’était pas produit depuis Ivanov en 1984 à Grenoble.Le choix de Rituel pour une métamorphose a semblé évident pour cette année de Capitale Européenne de la Culture placée sous le signe de l’« euroméditerrannée », selon Dominique Buzet, directeur du Gymnase, « il me semblait inconcevable que le premier théâtre français ne participe pas à cet évènement ».

Une Syrie rêvée sur les planches du Gymnase

La pièce est écrite par le syrien Saadallah Wannous et mise en scène par le koweitien Sulayman Al-Bassam, elle se déroule dans une Damas rêvée du XIXe siècle, la ville vit une révolution. La pièce est résolument moderne et fait écho à l’actualité. « Ce n’est pas le même type de révolution que celle que vit la Syrie actuellement, dans la pièce les femmes affirment leurs désirs. Elles ressentent un besoin de liberté sexuelle, l’expriment, et c'est tout ça qui conduit à la révolution, explique le metteur en scène, ici la Syrie est mise à feu et à sang, elle est en perdition à cause de la volonté de liberté ».

Un théâtre politique

L’auteur est engagé, et si l’atmosphère de la pièce est quelque peu religieuse elle est cependant « profondément laïque et critique », explique Denis Podalydès. La pièce, écrite en 1994, est peu jouée dans les pays arabes et lorsqu’il y a des représentations « elle ne reste que deux ou trois soirs maximum à l’affiche, car elle est une bombe chargée de volonté critique », ajoute Sulayman Al-Bassam. Le metteur en scène a aussi souhaité éviter les clichés sur l’Orientalisme. « La pièce se déroule au milieu du XIX siècle, autrement dit à l’apogée de toute une vision fantasmée d’un Orient imaginaire comme chez Flaubert par exemple. Je voulais éviter cela ».

Et si on aborde avec l’équipe le problème de la réception de la pièce dans une ville mixte comme Marseille, Denis Podalydès répond: «Si on a peur de cela, alors on ne fait rien».

 

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