Vincent Tarvernier ©MD
Vincent Tarvernier ©MD

La gravure d’épargne comme mode d’expression

C’est au 96 de la rue Breteuil à Marseille que Vincent Tavernier a installé son atelier-galerie. Un lieu dans lequel il met en pratique un savoir-faire peu connu : la gravure d’épargne.
Le local était pendant des années un relais presse. De cette ancienne vie, il ne reste maintenant plus que le panneau jaune à flamme rouge à l'extérieur, et quelques étagères à l’intérieur. Vincent Tavernier s’est réapproprié cet espace pour qu’il soit simple et ludique. Et l'emplacement de son atelier, sur le chemin qui mène à Notre Dame de la Garde, attire aussi bien les habitants du quartier que les touristes qui entrent dans cet espace de travail et d’exposition.

A la découverte de la linogravure

C’est en découvrant le travail d’Emil Nolde, artiste allemand chef de fil du groupe Die Brücke, lorsqu’il est étudiant aux Beaux-Arts de Versailles qu’il tombe sous le charme de cette technique. Vincent Tavernier réalise sa première gravure et trouve son moyen d’expression. Pendant une dizaine d’années l'artiste vit de petits boulots mais continue en parallèle à créer et exposer. Puis, il se retrouve à Marseille, expose pour Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture et dans la foulée décide de se lancer. Il ouvre son atelier au mois de mai 2014 pour partager et faire découvrir la gravure d’épargne : «j’ai envie de montrer aux gens ce que je fais, qu’ils aient envie d’entrer et de voir ce qui est affiché sur les murs». Comme un teasing, sa vitrine qui affiche les étapes de sa création invite les curieux à entrer et à découvrir la marche à suivre pour voir naître une estampe. Il explique alors qu'il faut «d’abord creuser le linoléum à l’aide d’une gouge. On dessine et façonne ce que l’on veut faire, et lorsqu’on écrit sur le lino il ne faut pas perdre de vue que le transfert se fera à l’envers, comme l’effet négatif. Ensuite on choisit la couleur que l’on veut voir apparaitre sur la linogravure et on la place sur le support, c’est comme un tampon encreur. Puis on décide du papier sur lequel imprimer. Pour ma part j’aime travailler sur du papier asiatique. C’est agréable de découvrir une impression, on a des surprises, des traits qui sont des accidents et font le charme d’une estampe. L’œuvre n’est jamais figée».

Des gravures simples et touchantes

Les gravures de Vincent Tavernier ont un côté simple et naïf qui les rendent universelles. Ses représentations peuvent sembler familière à chacun des visiteurs. «Une dame m’a acheté un gravure, elle m’a avoué que le dessin lui faisait penser à son petit fils, cela m’a fait sourire parce que lorsque je la regarde c’est mon fils que je vois». Chaque plaque de linoléum sert à dix impressions : «Je trouve que c’est un bon compromis. Ce n’est ni un tirage en série ni un modèle unique». Cependant les tirages ne sont ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait un autre. Les traits d’impression pouvant changer d’une linogravure à l’autre. C’est bien là, la beauté des gravures d’épargne.

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