Blanc de gris produit des champignons à partir de matières organiques depuis 2015. ©CharlesConnoué

Des champignons à base de résidus de bières

À Montréal, l’entreprise Blanc de gris produit des champignons à partir de matières organiques récoltées chez des micro-brasseurs du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

C’est en 2013 que Dominique Lynch-Gauthier a eu l’idée de faire pousser des champignons en serre en valorisant des déchets de cuisine.

Elle raconte qu’à l’époque, elle aimait « beaucoup les champignons » et qu’elle était « déjà très préoccupée par l’environnement, le gaspillage alimentaire et les matières organiques dans la ville ».

« J’avais remarqué que sur le marché à Montréal, c’était difficile de trouver des champignons frais et de qualité autres que des champignons de Paris. C'est quand j’ai réalisé qu’on pouvait en faire pousser en valorisant des produits, en combinant agriculture urbaine et économie circulaire, que l’idée est venue », explique-t-elle.

Elle parle de son projet à son amie d’enfance Lysiane Roy Maheu qui tombe sous le charme. « On se cherchait toutes les deux professionnellement. On avait envie de travailler à notre compte et que notre travail ait du sens. »

Il aura fallu aux deux femmes beaucoup d’expérimentations, de recherches et de développement avant d’arriver à créer leur champignonnière. C’est finalement en juin 2015 que Blanc de gris a vendu ses premiers champignons.

L’entreprise produit surtout des pleurotes à partir d’un substrat constitué de drêches de brasseries, résidus de la fabrication de bière, et de copeaux de bois.

De résidus à l’assiette

« On va voir les micro-brasseurs, on leur demande si on peut récupérer leur drêche. Pour eux, c’est un enjeu et ça coûte cher. En campagne c’est souvent les agriculteurs qui viennent les récupérer pour les animaux, mais souvent ça finit aux dépotoirs. Ce n’est pas facile à gérer, car ça se dégrade rapidement et quand c’est le cas, ça sent vraiment mauvais », souligne Dominique Lynch-Gauthier.

Une fois les ingrédients récoltés, les deux entrepreneures pasteurisent le substrat avant