De gauche à droite : Juliette, Abeer, Adelle et Wiam. ©Inès Marandon
De gauche à droite : Juliette, Abeer, Adelle et Wiam. ©Inès Marandon

La cuisine comme moyen d’intégration

A Montréal, Les Filles Fattoush offre aux réfugiées syriennes un premier emploi au Québec pour favoriser leur intégration.

Dans une cuisine prêtée par un restaurateur, trois femmes s’activent pour préparer une commande qui sera servie à une vingtaine de personnes : mezze froids et chauds, salade fattoush, hommos, mouhammara, rouleaux soujok, kebbes, et desserts parfumés… Chacune d’elles semble suivre minutieusement une recette familiale.

« La cuisine syrienne est riche en saveurs mais peu connue au Canada, explique Adelle Tarzibachi, l’une des fondatrices des Filles FattoushLa tradition c’est de mettre les plats au milieu de la table. Le repas, c’est un moment de partage et de convivialité par excellence. »

Une action concrète

L’idée de ce service de traiteur a d’abord germé dans l’esprit de Josette Gauthier, une productrice de documentaires. Lors d'un tournage sur une soupe populaire dans un camp de réfugiés en Italie, elle s'est sensibilisée à cette crise humanitaire. Puis, une rencontre au Liban, avec une cheffe qui fait cuisiner des réfugiées et leur apprend à vendre leurs plats, va concrétiser son envie d’agir.

Elle s’est intéressée aux plus de 40 000 réfugiés syriens accueillis par le Canada depuis 2015, dont 7500 au Québec et à la manière dont elle pouvait les aider.

En faisant des recherches, elle trouve des projets similaires au Canada, comme que Newcomer Kitchen à Toronto, qui invite les réfugiées à cuisiner un plat hebdomadaire dans un restaurant. Elle parle de son idée à l’organisme Action Réfugiés Montréal et y rencontre Adelle, qui a immédiatement été emballée.

En septembre 2017, elles lancent les Filles Fattoush.

Avoir un impact social

« L’objectif c’est de leur redonner une autonomie financière et le contrôle de leur vie, parce qu’avant de devoir fuir leur pays, ces femmes étaient toutes très émancipées », souligne Geneviève Comeau, chargée des communications.

Parmi les premières Filles Fattoush embauchées, on retrouve une avocate, une journaliste, une entraîneuse de volley-ball, une comptable ou encore une ingénieure chimique.

Au total, elles sont 22 à travailler à temps partiel comme cuisinières. Ici, elles affirment avoir « créé des liens, trouvé du soutien, de l’espoir et une chance de recommencer ». Faire découvrir leur culture tout en apprenant sur leur pays d’accueil est une occasion unique d’intégration.

« Ce projet est un moyen d’avoir un impact social, de mieux comprendre la condition de réfugiés et de lutter contre les préjugés basés sur la méconnaissance et la peur de l’autre », continue Geneviève.

Après neuf mois d'existence, avec trois à cinq contrats par semaine, l'entreprise Les Filles Fattoush lancera officiellement son service de traiteur le 28 mai.

Rendez-vous sur le site des Filles Fattoush pour en savoir plus et suivez le projet sur Facebook

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