David et Vincent Lafrance fabriquent et peignent à la main des jouets uniques. ©AL
David et Vincent Lafrance fabriquent et peignent à la main des jouets uniques. ©AL

Les jouets d’artistes des Lafrance

David et Vincent nous ont ouvert les portes de leur atelier à Montréal. Ils nous parlent de ces jouets qu’ils fabriquent, à partir de bois recyclé.

Le bâtiment, situé dans l’arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie, est un vrai labyrinthe qui héberge plusieurs ateliers. Celui des frères Lafrance nous accueille avec le son de la radio et l’odeur de peinture sur le bois fraichement sculpté. Ici, dans ce désordre productif, David et Vincent créent des jouets. Sculptés et peints à la main, ce sont de véritables œuvres d’art.

Une histoire de famille

« J’ai restauré pendant 10 ans des meubles pour un antiquaire. Quand il a fermé en 2008, j’ai hérité de matériaux sans savoir quoi en faire. Puis, tailler un simple bloc de bois avec des roues est devenu un objet qui m’intéressait », raconte David, peintre et sculpteur. Il commence en 2009, avec la production d’une vingtaine de pièces pour faire les marchés.

C’est en préparant une exposition que son frère Vincent lui propose son aide : « Je ne m’y connaissais pas vraiment en bois, j’ai commencé en sablant des becs de colibri », se souvient le photographe et cinéaste.  

Issus d'une famille d'artisans, ils ont grandi dans une dynamique où dès fin octobre ils préparaient des expos : « Enfants, nous participions, ça nous permettait de croire qu’on pouvait aussi créer quelque chose », explique David. « Nos jouets préférés, c’étaient ceux que notre père nous fabriquait. On avait des choses qui n’existaient pas dans les magasins », poursuit Vincent.

Depuis, ces éternels enfants continuent de créer de nouveaux concepts : Food truck, marionnettes de doigts, tapis volants ou encore bouquets de fleurs.

Des jouets de collection

Pratique et esthétique, le jouet Lafrance est un objet pas comme les autres : celui avec lequel on joue, celui qu’on contemple et qu’on protège en grandissant. « J’ai une poupée que mon arrière-grand-mère m’a offerte, évidemment je ne m'amuse pas avec, mais je ne vais pas non plus la donner. Il y a des objets qui deviennent de collection sans qu’on le veuille, confie David, nos jouets roulent et sont costauds, mais valent une centaine de dollars, donc faut pas les oublier au carré de sable! »

De la sculpture à la peinture

La sculpture se fait dans un atelier à St-Mathias sur Richelieu. Ils utilisent du bois de pin, plus facile à trouver et à sculpter. « On en a du centenaire récupéré dans des maisons en démolition. On a été chanceux d’avoir de beaux stocks, avoue David, j’aime l’imperfection du bois recyclé, on y voit presque la forme du jouet. Je tripe à ne rien acheter et faire quelque chose avec un budget de 300 dollars en peinture. »

La sculpture, c’est le moment qu’ils préfèrent : « Quand tu dois inventer des formes, imaginer l’objet, sa couleur, le moment où tu sais ce que ça va être! ». C’est à Montréal que le travail de peinture commence. Pour une heure de sculpture il faut trois heures de peinture. « C’est aussi un moment exaltant, quand on fait une peinture brune chocolatée et qu’on plonge le cornet de glace dedans! », s'amuse Vincent.

Cette année, près de 300 pièces différentes ont été créées. Avec ces objets uniques, la limite entre le jouet et l’œuvre d’art est parfois mince, voire inexistante. Une exposition, L’art de jouer, au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu'au 26 févier 2017, évoque d’ailleurs ce sujet à travers différentes créations, dont celles des frères Lafrance.

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