Avec l'arrivée massive de buffets et de sushi-shop, les nems à Marseille sont en danger. ©MD
Avec l'arrivée massive de buffets et de sushi-shop, les nems à Marseille sont en danger. ©MD

Les nems contre-attaquent

Le site Say My Nem a pour objectif de promouvoir la cuisine traditionnelle vietnamienne à Marseille. Derrière un nom et un slogan qui font sourire, Julien Ruols, l’un des fondateurs, souhaite aborder des sujets sérieux.

L’histoire de la Révolution des Nems a commencé avec la réhabilitation de la rue de la République à Marseille, lorsque le restaurant, où Julien Ruols avait ses habitudes, a fermé : « C’est parti de là, simplement parce que j’aime manger des nems et qu’il fallait trouver un autre restaurant ».

C’est en octobre 2013 qu’il lance, avec son ami François Bourguet et le graphiste Gabriel Pham Van, Say My Nem un site internet qui répertorie les restaurants spécialisés dans la cuisine vietnamienne. « Nous voulons redonner envie aux gens de goûter cette cuisine traditionnelle. Avec l’arrivée des buffets et sushi-shop sans âme, et leur communication visuelle tape à l’œil, les gens laissent de côté ces petits restaurants calmes qui finissent par fermer ».

Pour combattre ces nouveaux arrivants, ils décident d’utiliser les mêmes outils : une visibilité sur le web et une forte communication. « A l’opposé de Cityvox ou Yelp qui conseillent et notent, on montre ce qui existe en parlant de l’ensemble ». Sur le site, prés de 50 restaurants sont référencés, et une application permet de les cartographier par géolocalisation.

La Révolution des Nems pour évoquer l’Histoire

Derrière des visuels, des slogans et un nom qui font sourire (voire chanter), Say My Nem est l’occasion d’aborder d'autres sujets : « J’ai construit ce projet parce que je suis tombé amoureux de la bouffe. En créant ce site, c’est au Vietnam que je me suis intéressé. J’ai été sensible à l’histoire de la colonisation, à ces travailleurs forcés indochinois amenés en France. Ce sont eux qui ont, par exemple, apporté leur savoir à la riziculture camarguaise », raconte Julien en citant le livre Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France 1939-1952 du journaliste Pierre Daum.

Pour en parler, il organise un Printemps International du Nem, les 20 et 21 mars « pour faire découvrir notre projet, montrer la richesse de cette cuisine, valoriser les initiatives locales, les commerces de proximité et faire découvrir des artistes qui racontent le Vietnam ».

Au menu : une soirée de lancement le 17 mars avec une exposition de planches BD de Clément Baloup sur la communauté vietnamienne, la projection de courts-métrages et un concours de dextérité de baguette. Le 20 mars, un apéro sera organisé dans une poissonnerie avec une exposition de photographies et de dessins. Le 21 mars, l’association Les Amis Du Vietnam ouvrira ses portes pour faire découvrir la laque traditionnelle vietnamienne. Ce Printemps se clôturera avec la projection de reportages sur la streetfood, des expositions et des concerts.

Vers une labellisation du Nem ?

A terme, Julien voudrait fédérer l’ensemble de ces restaurants et créer un label Say My Nem. Mais aussi devenir organisateur ou partenaire d'évènements comme des expositions et conférences : « Il y a beaucoup de choses à faire découvrir, l’identité culturelle vietnamienne est une source inépuisable ».

 

Site internet de Say My Nem

Programme du Printemps International du Nem Suivez l’actualité du mouvement sur Facebook. L'application Say My Nem n'est disponible que sur Iphone pour l'instant.  

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